À propos / Retrosound
Tout commence
par une émotion.
Des instruments que l’on découvre. D’autres que l’on garde. Et cette envie de retrouver ce qui les rend si vivants à nos oreilles.
1983 / Le premier synthétiseur
Un SH-101.
Un casque.
Tout un monde.
Peu avant ses quatorze ans, Philippe reçoit de sa grand-mère un Roland SH-101, accompagné d’un casque. Pour lui, c’est une révolution.
Il découvre la synthèse : la possibilité de façonner un son, de le faire évoluer, de chercher une couleur qui n’existait pas un instant auparavant. La musique devient aussi une matière à explorer.
Ce premier instrument ouvre une relation qui va durer : écouter, essayer, modifier, puis écouter encore. Chercher ce moment où un son donne envie de jouer et où le geste fait naître une idée.
De ce SH-101, il a conservé la facture. Ce papier est resté, comme la trace d’un début : le moment où les machines électroniques sont entrées dans sa vie.
Dès seize ans / La production musicale
La force.
La douceur.
L’émotion.
Une musique électronique sensuelle, qui peut être abrasive et douce à la fois.
Philippe commence la production musicale à seize ans. Au fil des années de création et des collaborations, il développe ce goût des contrastes : de l’impact, de la matière, mais aussi de la sensibilité.
Un son peut accrocher, envelopper, surprendre. Une attaque franche peut laisser place à une texture douce ; une matière rugueuse peut porter une émotion délicate. C’est dans cette rencontre que se dessine sa sensibilité musicale.
Les instruments deviennent des compagnons de recherche. Leur intérêt se mesure aussi à ce qu’ils déclenchent : une phrase, un rythme, une façon de jouer qu’il n’aurait pas imaginée autrement.
Quelques années plus tard / L’Emax
Le grain.
Et cette patate.
La découverte de l’Emax, lors d’une rencontre avec l’importateur français, provoque un autre choc.
Philippe est scotché par ce qu’il entend : la texture, le grain, cette énergie qui donne au son une présence si particulière. Même un timbre familier prend une autre dimension.
Le sampler ouvre un autre territoire. Un son enregistré devient le point de départ d’un instrument ; transposé sur le clavier, il change de registre, de couleur, de sensation. Les Emax I et II feront partie de son parcours.
Cette rencontre laisse un repère durable : le souvenir d’une matière sonore qui invite à s’attarder, à rejouer une note, à explorer un autre registre.
L’histoire des Emax ↗Au fil des années / Une recherche à l’oreille
Cette présence.
Cette vie intérieure.
Waldorf, Access Virus, Ensoniq, E-mu, Korg… La curiosité de Philippe traverse les familles de machines et les façons de créer le son.
Il achète, écoute, compare, revend, puis explore d’autres instruments. Certaines versions logicielles lui permettent de retrouver suffisamment ses repères pour se séparer du matériel correspondant. D’autres machines gardent à ses oreilles une personnalité difficile à retrouver ailleurs.
Son attachement se fait particulièrement fort pour les Ensoniq, les E-mu, le Korg DSS-1 et les synthétiseurs analogiques Korg. Il y entend une rondeur, une chaleur, une ampleur et une présence stéréo qui donnent au son une forme de vie intérieure. Même un simple piano peut suffire à faire surgir cette sensation.
Le Roland Jupiter-4, l’Oberheim DMX et le Korg MS-20 occupent aussi une place particulière dans cette histoire. Parmi les machines qu’il rachèterait aujourd’hui, ces trois noms lui viennent spontanément : des instruments auxquels son attachement a résisté au temps.
Ce qu’il appelle leur « mojo » tient à cette relation immédiate : le plaisir de poser les mains sur le clavier et de sentir que quelque chose se passe. Au fil des choix, restent les instruments auxquels il revient pour cette émotion.
Cette expérience nourrit une question : comment retrouver dans le logiciel ce qui rend ces machines si attachantes à jouer ?
Le déclic / La rétro-ingénierie
Comprendre
ce qui se joue.
Derrière la sensation, il y a des comportements à comprendre : la manière dont le son se transforme et répond au musicien.
La découverte des démarches de rétro-ingénierie ouvre une piste. Philippe s’intéresse aux puces, aux composants, aux différents étages de la chaîne sonore et à la manière dont leur fonctionnement peut être étudié. L’idée de retrouver une personnalité de machine par ce travail de détail lui paraît d’abord presque inaccessible.
Les recherches autour de la modélisation et des réponses impulsionnelles alimentent cette curiosité. Ce qui l’attire, c’est la possibilité de comprendre plus précisément d’où vient une couleur et comment les éléments d’un instrument participent à son comportement.
L’envie devient celle de créer ses propres outils d’exploration, de lire les données d’origine et de confronter les résultats. Retrouver les enveloppes, les modulations, les mouvements dans la stéréo et les interactions qui rendent un son expressif.
Une ambition guide cette recherche : se rapprocher de l’expérience des machines qu’il a aimées, avec la même attention portée au son qu’aux gestes.
Aujourd’hui / Retrosound et DANA
DANA.
Le goût du détail.
DANA prend naissance dans cet attachement vécu aux Emax, avec l’envie de prolonger leur histoire dans de nouvelles compositions.
Le travail part notamment des banques natives. Elles portent les échantillons et les paramètres qui organisent leur jeu : zones du clavier, boucles, couches, enveloppes et modulations. Retrouver ces informations permet de reconstruire une partie de la logique de l’instrument.
DANA s’appuie sur l’étude des formats, de la documentation et de portions des systèmes d’origine pour réimplémenter des comportements identifiés. Les outils développés pour décoder, comparer et vérifier ces données participent à cette recherche.
L’attention va aussi aux pages de travail et aux gestes familiers. Pouvoir reprendre une banque, comprendre son organisation, modifier ses réglages et continuer à créer avec elle : c’est cette continuité musicale que le projet cherche à retrouver.
Retrosound est un projet indépendant consacré aux applications et instruments musicaux. DANA en ouvre le premier chapitre, avec toutes ses futures versions incluses sans supplément pour ses acheteurs.
Les prochaines pistes / YANN · JACK · PERS · DAVE
Et l’envie
d’aller plus loin.
L’Ensoniq Mirage et le Korg DSS-1 sont les prochaines pistes de travail de Philippe. Deux instruments auxquels il est particulièrement attaché.
Ces projets prolongent la recherche engagée avec DANA. Leur défi est de comprendre l’organisation des banques et de retrouver la façon dont l’instrument joue, transpose et transforme la matière enregistrée, avec ses paramètres et ses particularités.
L’ampleur du travail fait aussi partie de ce qui l’attire : entrer dans les détails, explorer les comportements et chercher ce qui donne envie de rejouer. Cette curiosité, née avec un SH-101 et un casque, continue de faire avancer Retrosound.
Le Roland S-50 et l’Akai S950 rejoignent cette envie d’exploration. Philippe les choisit pour associer deux plaisirs : découvrir des banques et retrouver la personnalité de la machine qui les joue. Un son familier peut ouvrir une idée nouvelle lorsqu’on le transpose, qu’on le modèle et qu’on s’attarde sur sa réponse au clavier.
Cette recherche prend cinq directions : DANA et les Emax I et II, YANN et l’Ensoniq Mirage, JACK et le Korg DSS-1, puis PERS et le Roland S-50 et DAVE et l’Akai S950. Des personnalités différentes, réunies par le même désir de faire vivre la matière sonore.
D’autres envies se dessinent autour du Jupiter-4, de l’Oberheim DMX et du MS-20. Des pistes qui prolongent cet attachement aux instruments de caractère.
Ces projets sont en gestation. Aucune date de sortie n’est annoncée.